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Entretien avec Ousmane Tanor Dieng

Ousmane Tanor Dieng à Walf TV



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BUREAU POLITIQUE - DECLARATION DU 26 MARS 2008 Convertir en PDF Version imprimable Votre email
27-03-2008
ImageLes enseignements à tirer de l’organisation du 11ième Sommet de l’OCI à Dakar les 13 et 14 mars 2008 dépassent largement l’autosatisfaction béate dans laquelle s’est réfugiée la propagande officielle pour tenter de masquer le fiasco qui a sanctionné le niveau de participation à cette rencontre. En effet, le premier des critères de succès qu’Abdoulaye Wade avait lui-même fixés, était d’atteindre un niveau record de représentation, ou tout au moins de dépasser le Sommet de Malaisie selon sa propre formule 37 plus 1 de Souverains, de Chefs d’Etat et de Chefs de gouvernement.

A présent on connaît le résultat du Sommet de Dakar où le ratio de Souverains, de Chefs d’Etat et de Chefs de gouvernement présents sur le nombre d’Etats membres est le plus faible jamais enregistré en onze sommets de l’OCI. Il s’agit là d’un revers cinglant pour la diplomatie frénétique et exhibitionniste d’Abdoulaye Wade, revers qui aurait été bien pire si, en dernière minute, l’expertise des diplomates de carrière n’avait pas été mise à contribution pour la préparation scientifique du Sommet et pour le protocole.

L’autre critère d’appréciation de la réussite du Sommet également défini par Abdoulaye Wade était relatif à la réalisation d’infrastructures. Là également, le constat est cruel : c’est l’inachèvement des infrastructures hôtelières et des ouvrages routiers dont on nous avait promis la livraison clefs en main bien avant la tenue du Sommet. Les organisateurs, après avoir envisagé l’érection d’une nouvelle ville, puis la construction d’un village de l’OCI, se sont finalement contentés de la réfection de l’hôtel Méridien Président qui avait abrité le Sommet de 1991.   

Dans le fond, la révision de la Charte de l’OCI, dont le Sommet de Dakar n’a été que l’aboutissement du long processus entamé depuis plus de vingt ans, a consisté à une adaptation formelle du texte au fonctionnement actuel de l’OCI. A ce sujet, l’actualisation de la Charte cache mal un simple report des dissensions idéologiques restées intactes entre Etats membres sur les orientations de l’organisation, sur son appellation et sur la conception des droits de l’homme. 

Par ailleurs, et sans vouloir ôter tout intérêt à l’accord conclu entre le Tchad et le Soudan, le Parti socialiste rappelle que cet accord prévu pour être signé en marge du Sommet et qui a été finalement au centre de celui-ci, néglige un aspect important du conflit qui, avant d’être un problème inter étatique, est d’abord un conflit intra étatique. 

Au-delà de l’évaluation de l’organisation du Sommet, le Parti socialiste soulève des questions liées à la gestion financière de l’ANOCI qui, à elle seule, a englouti, à cette date, plus de seize (16) milliards de crédits de fonctionnement attachés à la réalisation de routes surévaluées manifestement à soixante dix (70) milliards pour moins de vingt (20) kilomètres d’extension et d’aménagement sur un linéaire préexistant pour l’essentiel et des ouvrages d’art arrachés au relief en dépit du bon sens :  soit de faux frais de maîtrise d’ouvrage déléguée plus de quatre fois supérieurs aux normes internationales de référence. 

Ces questions concernent également les coûts d’une démesure outrecuidante affichés pour la réfection plus que partielle de l’hôtel Méridien Président, pour l’affrètement à fonds perdus d’un paquebot ainsi que la réquisition aveugle de chambres d’hôtels inoccupées et la location, en pure perte, de parcs automobiles curieusement immobiles sans compter la nébuleuse qui entoure le contrat conclu avec l’agence de communication Publicis pour l’organisation matérielle du Sommet.

Sur toutes ces questions, si vraiment le pouvoir libéral est guidé par le souci de transparence, le débat de fond aujourd’hui consiste à éclairer les Sénégalais sur les sources, la nature et le volume des financements mobilisés, sur les prix et les décomptes des quantitatifs des dépenses d’investissement et sur le détail des frais de fonctionnement et les conditions de remboursement des prêts contractés. Le Sénégal ne peut se permettre de faire passer par pertes et profits, sous les flots du bavardage, les sommes astronomiques dépensées au nom et pour le compte des citoyens et contribuables pendant quatre longues années de tâtonnements et d’improvisation, de mises en scène et de tapage médiatique.

C’est pourquoi, le Parti socialiste exige de l’ANOCI une réédition des comptes tout en invitant le Conseil de surveillance, notamment ses membres comme la RADDHO, le Forum Civil et le Conseil National du Patronat à en faire une exigence de transparence. 

Par ailleurs, maintenant que le 11ième sommet de l’OCI a vécu, le Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à ouvrir les yeux sur la situation désastreuse du pays, notamment sur les drames humains que vivent les familles rurales et urbaines pour pourvoir à une alimentation modeste, sur le coût insoutenable de la vie accentuée par de nouvelles hausses sur les prix des denrées et produits de consommation courante, sur la situation préoccupante de l’école sénégalaise placée une nouvelle fois, sous la menace d’une année blanche.

A propos de la crise scolaire et universitaire, le Parti socialiste rappelle la formule scandaleuse d’Abdoulaye Wade « il vaut mieux une année blanche qu’une vie blanche » qui illustre parfaitement l’irresponsabilité du gouvernement sur cette question centrale. Dans tous les cas, le Parti socialiste qui considère que le régime d’Abdoulaye Wade est le seul responsable de la crise du système éducatif, apporte son soutien à l’intersyndicale enseignante tout en l’exhortant à rester disponible au dialogue nécessaire à la résolution de cette crise.

Fait à Dakar, le 26 mars 2008

Le Bureau politique

 
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