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La situation nationale si chargée d’urgences a fini par installer les Sénégalais dans les tourments d’un quotidien de plus en plus insupportable. A ce sujet, l’érosion vertigineuse du pouvoir d’achat des ménages provoquée par la flambée, dans des proportions inouïes, des prix des denrées et produits de consommation courante et par les perturbations dans la distribution constitue une sérieuse équation devant laquelle malheureusement le gouvernement s’est, une nouvelle fois, dérobé en opposant le fatalisme hors de propos d’un horizon inopportunément fixé à 2015.
Quant à la détresse du monde rural face à laquelle le régime d’Abdoulaye Wade a toujours louvoyé, elle ne trouvera certainement pas une solution dans le remords tardif. Car au lieu d’apporter les fonds nécessaires à la résorption définitive du déficit en vivres, le gouvernement verse dans le saupoudrage en injectant une goutte d’eau dans la mer des difficultés du monde rural. En effet, il faut bien admettre, et les experts s’y accordent, que les 10 milliards de francs CFA annoncés par le gouvernement couvrent, à peine, l’acquisition de 30.000 tonnes de riz, un chiffre bien en deçà des 876.000 tonnes nécessaires pour couvrir les besoins céréaliers du monde rural. C’est la preuve manifeste que le gouvernement n’a pas procédé à une évaluation sérieuse et exhaustive du désastre dans le monde rural qui, outre le déficit en vivres, est confronté à l’absence d’aliments pour le cheptel et à un important préjudice financier provoqué par la campagne chaotique de commercialisation de l’arachide.
En vérité, l’incurie du gouvernement n’épargne aucun secteur de la vie nationale. Sous ce rapport, la situation alarmante de l’école sénégalaise engluée dans une crise persistante constitue une véritable préoccupation nationale. C’est d’ailleurs sur cette question que l’irresponsabilité du régime d’Abdoulaye Wade est la plus marquante car au lieu d’offrir des solutions rassurantes aux enseignants, aux élèves et aux étudiants, le gouvernement verse dans la propagande malsaine en tentant de faire porter la responsabilité de la crise, et le spectre de l’année blanche, aux syndicats d’enseignants. A ce propos, la situation particulièrement tendue à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar laisse présager une explosion que l’arrestation des représentants des étudiants ne fera que raviver.
Au lieu de faire face à toutes ces urgences en proposant des solutions immédiates de sortie de crise, le projet dominant qui mobilise toute l’énergie du pouvoir, semble entièrement consacré à la répression aveugle en vue d’étouffer la colère populaire. A cet égard, le Parti socialiste qui s’insurge contre les dérives autoritaires du pouvoir, condamne fermement les brutalités policières et exige la libération, sans délai, de tous les manifestants arrêtés dimanche.
Le Parti socialiste, tout en s’indignant de l’invasion des locaux de Walf Fadjri et de la confiscation de ses images par la police politique d’Abdoulaye Wade, manifeste sa solidarité agissante à la presse privée et l’exhorte à poursuivre, avec le même professionnalisme, son travail d’information et de sensibilisation de l’opinion.
Dans le fond, la violence gratuite qui s’est abattue sur les manifestants du dimanche révèle le véritable visage de ce régime aux abois qui, poussé jusque dans ses derniers retranchements par la pression populaire de plus en plus forte, entend installer notre pays dans la voie du totalitarisme. Bien entendu, cette politique de mise au pas, odieuse et cynique, consistant à cadenasser les libertés, ne peut pas prospérer car la résistance populaire ne fait que débuter et va se poursuivre jusqu’à ce que le pouvoir libéral mette un terme aux souffrances des populations.
Le Parti socialiste reste persuadé, pour sa part, que des solutions peuvent être mises en œuvre avec effet immédiat sur le coût de la vie. Dans cet ordre d’idées, une réduction drastique du train de vie du régime libéral et la cessation des gaspillages des ressources publiques par la diminution des dépenses de fonctionnement des institutions, par la suppression des agences budgétivores et par la fermeture de certains consulats et ambassades, pourraient permettre à l’Etat de subventionner les prix des denrées de consommation courante.
De même, le gouvernement peut, d’ores et déjà, imaginer des formules de régulation des comportements de marges des distributeurs. S’agissant spécifiquement du prix du riz, il est possible, en privilégiant la négociation d’Etat à Etat, d’orienter les importateurs vers un même marché et de regrouper leurs achats. Cette solution présente l’avantage de faire profiter aux importateurs de prix préférentiels sur le marché international, avec pour conséquence immédiate la baisse du prix du riz sur le marché national.
Dans le même ordre d’idées, l’ampleur de la crise est telle que le Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à différer la réalisation des infrastructures afin d’orienter les ressources mobilisées à cet effet à la satisfaction de la demande sociale.
Par ailleurs, le Parti socialiste, après avoir suivi avec beaucoup d’intérêt les informations scandaleuses livrées par le collectif des 15 femmes rapatriées d’Espagne, exige du gouvernement qu’il éclaire l’opinion sur les conditions de sélection des bénéficiaires des contrats, sur les causes de rapatriement de ces femmes ainsi que sur les cas de disparition et de violences sexuelles
Enfin, le Parti socialiste que les tentatives de diversion du régime ne détournent pas de l’opacité qui a entouré l’organisation du Sommet de l’OCI, renouvelle son exigence de la réédition des comptes de l’ANOCI. Bien entendu, cette obligation de rendre compte n’exonère pas l’ANOCI d’un audit de sa gestion par des organes indépendants. Seul cet exercice banal dans un système de bonne gouvernance et salutaire pour la transparence, pourrait permettre d’établir la vérité sur les sources, la nature et le volume des financements mobilisés et dépensés.
Fait à Dakar, le 02 avril 2008
Le Bureau politique
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