Les fractures qui accablent notre pays, conséquences des outrances d’une gouvernance libérale saturée de néfastes scories corruptives et destructrices, prennent un tournant dramatique avec la faillite de l’Etat qui ne parvient plus à pourvoir aux besoins primaires des populations.
En effet, après avoir livré les consommateurs, pieds et poings liés, à la spéculation provoquant ainsi la hausse ahurissante des prix des denrées et produits de base, après avoir renoncé à prendre les mesures appropriées pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages, après avoir laissé avec cynisme le monde rural affronté seul les affres de la famine et après avoir privilégié pendant de longs mois la stratégie du pourrissement dans la gestion de la crise scolaire, le régime d’Abdoulaye Wade vient de déclarer forfait devant l’ampleur du désastre provoqué par sa furie destructrice.
Il faut, pour s’en convaincre, relever la résurgence ces derniers jours des pénuries d’eau, des coupures dans la fourniture de l’électricité, de la pénurie de gaz butane ainsi que des perturbations dans la distribution de l’essence super illustrées par les longues files d’attente devant les stations services. Il ne pouvait en être autrement avec des caisses vides et un endettement intérieur indigne d’un Etat sérieux. En vérité, l’Etat qui a perdu toute crédibilité aux yeux de ses créanciers et fournisseurs, est aujourd’hui dans l’impossibilité d’assurer l’approvisionnement correct du pays en carburant, en fuel et en gaz. Outre les désagréments qu’elle cause aux ménages, cette situation risque, dans un proche avenir, de plomber la productivité des dernières unités et entreprises de production, de distribution et des services qui ont échappé jusqu’ici à la mise à mort programmée des secteurs vitaux de notre économie.
La même menace plane sur notre agriculture eu égard à l’inertie du gouvernement dans la préparation de la présente campagne agricole où des retards sont encore enregistrés dans la mise en place et dans la distribution des intrants alors même que les précipitations se multiplient sur l’ensemble du territoire. Bien entendu, les assurances du gouvernement sur le sujet n’ont aucun crédit devant les nombreux témoignages recueillis auprès des paysans qui confirment n’avoir reçu à ce jour ni semence, ni engrais.
Dans ce contexte de pays en proie à la tyrannie d’un quotidien insupportable et aux ténèbres d’un horizon sans issue, il fallait bien toute la perspicacité d’une initiative historique de la dimension des Assises nationales pour renouer avec une espérance partagée par tous les segments de la société, les femmes comme les hommes, jeunes ou moins jeunes. En effet, la gouvernance libérale, en nous infligeant jusqu’à la nausée son projet inique et cynique de destruction et en nous imposant le désespoir comme unique porte ouverte sur l’avenir, a fini par conforter la majorité de nos compatriotes dans la conviction qu’il fallait, de toute urgence et au moyen d’un dialogue global et inclusif, engager l’entreprise salvatrice de redressement national.
Sous ce rapport, le Parti socialiste, tout en se félicitant du succès incontesté et incontestable de la cérémonie solennelle d’installation du Bureau et des commissions des Assises nationales du Sénégal, analyse la présence massive de toutes les composantes de la Nation comme une illustration de la force du sursaut national mais aussi comme le signe d’un renouveau citoyen malgré les pressions et les processions d’un régime intolérant engoncé dans les nœuds de la pensée unique. Au sujet de l’infantilisme caractériel du pouvoir libéral, celui de son chef en particulier, le Parti socialiste, indigné par les tentatives d’intimidation, met en garde Abdoulaye Wade et ses frotte-manches contre tout acte de violence commis sur les participants aux Assises nationales et considère la hargne et la harangue belliqueuses du pouvoir comme une stratégie perdante a priori devant l’immense espoir que représentent les Assises nationales pour nos compatriotes.
De la même manière, les déclarations, visant à susciter la méfiance entre les organisations engagées dans les Assises nationales, avec l’hypothétique espoir de les diviser, finiront en bouillon de onze heures devant le formidable consensus que toutes les forces vives de la Nation, d’égale dignité et d’égale responsabilité dans cette entreprise inédite de sauvetage du Sénégal, constituent autour des Assises nationales, perçues comme le cadre approprié pour opérer les ruptures décisives et pour ouvrir à notre pays des perspectives plus conformes au génie de notre peuple.
En tout état de cause, le Parti socialiste, plus que jamais engagé dans ces concertations nationales, globales et inclusives, invite les autres parties prenantes à ne pas se laisser distraire par les éructations et les vociférations du maître et de la meute et les exhorte à garder le cap sur les objectifs consensuels des Assises nationales. A ce propos, il les invite à poursuivre, avec la même générosité et dans le même esprit consensuel, le travail entamé pour mener à bien le débat participatif avec les populations au cours des consultations citoyennes dans les trente cinq départements du pays et sur internet. C’est dans cette mesure que les Assises nationales pourront déboucher sur des conclusions consensuelles, efficaces et durables qui seront un véritable sillon d’espoir pour les millions de Sénégalais soucieux de vivre et de s’épanouir dans un pays stable, prospère et solidaire.
Dakar, le 04 juin 2008
Le Bureau politique
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