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Il existe un lien évident entre le renchérissement insoutenable du coût de la vie et la prodigalité du régime d’Abdoulaye Wade qui s’illustre, depuis 2000, dans une gabegie sans commune mesure avec les ressources publiques et les priorités nationales.
C’est que le système de gestion du régime libéral, caractérisé par un gaspillage révélateur d’un goût ostentatoire pour les dépenses somptuaires, n’a pas son pareil.
Ce gaspillage des deniers publics concerne autant le train de vie dispendieux d’Abdoulaye Wade lui-même (des voyages incessants à bord d’avions affrétés à des montants faramineux et des libéralités distribuées à tout venant) que la hausse des dépenses de fonctionnement de l’Etat et des dépenses de transfert allouées aux nombreuses agences à laquelle s’ajoute celle des dépenses de téléphone et de carburant, des loyers des logements conventionnés par l’Etat, sans compter l’ouverture tous azimuts d’ambassades et de consulats avec un personnel pléthorique, l’acquisition, dans des conditions opaques, de biens immobiliers pour nos ambassades, l’achat, en toute occasion, de véhicules de luxe, etc.
C’est uniquement sous ce rapport de gonflement artificiel des dépenses de l’Etat, dont une bonne partie sans contrepartie réelle qu’il faut analyser la hausse vertigineuse des prix des denrées et produits de grande consommation provoquée par une surtaxation imposée par le gouvernement pour obliger les populations à financer la note d’un régime qui fait vivre l’Etat facticement au dessus de ses moyens. Au lieu de chercher plus que de raison à incriminer l’augmentation du prix du baril du pétrole, ce que récusent du reste ses services de statistiques, Abdoulaye Wade et son régime devraient plutôt expliquer aux Sénégalais comment notre pays a pu subir, comme une fatalité imparable, le taux d’inflation de loin le plus élevé de la zone UEMOA devant des pays comme la Côte d’Ivoire, un pays en crise, comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso, des pays handicapés par l’enclavement, ou comme le Togo et le Bénin qui ont des résultats beaucoup plus probants depuis plus de deux ans.
Une meilleure maîtrise de l’inflation prouvée par ces pays démontre qu’il est bien possible de freiner le renchérissement du coût de la vie par un train de vie modéré et des mesures audacieuses. Ces mesures que le Parti socialiste a identifiées, doivent entrer dans le cadre d’un plan d’économies budgétaires substantielles avec pour objectif la sincérité du budget national et la maîtrise des dépenses publiques. Elles concernent la suppression de toutes les dépenses publiques non indispensables et de toutes les niches de gaspillage par :
- la diminution du nombre pléthorique de Ministres d’Etat et de Ministres, des institutions et de leurs coûts de fonctionnement ;
- la réduction drastique des agences nationales et de leurs coûts bureautiques inconsidérés ;
- la rationalisation de la carte diplomatique et la réduction du personnel dans les ambassades ;
- la revue et l’audit systématiques des marchés de travaux, de fournitures et de services d’un certain montant, par exemple trente millions, pour en débusquer les surcoûts et les commandes fictives ;
- l’audit des effectifs de la Fonction publique afin d’identifier et de supprimer les emplois fictifs ou complaisants et, donc les salaires indus dans les corps civils, militaires et paramilitaires ;
- la suppression des contrats spéciaux.
Ces mesures doivent également être orientées vers la neutralisation systématique de la hausse des rentrées fiscales portant sur les denrées et produits de base afin de favoriser la baisse effective des prix en veillant au respect des nouvelles grilles de prix par les commerçants.
Dans cet esprit, le Parti socialiste s’interroge sur le niveau de taxation particulièrement élevé des hydrocarbures qui explique la cherté du prix à la pompe du super comme du gasoil et interpelle le gouvernement sur la destination de la plus value fiscale générée par la hausse du baril du pétrole.
Par ailleurs, eu égard aux perturbations enregistrées depuis un certain temps dans la distribution du riz et surtout au risque de pénurie, le Parti socialiste interpelle publiquement le gouvernement sur l’existence ou non, en concertation avec le secteur privé, d’un plan d’approvisionnement sécurisé de notre pays pour satisfaire la demande des consommateurs. Il s’agit là d’une question essentielle à laquelle le gouvernement doit apporter une réponse sans équivoque en indiquant, le cas échéant, le volume des stocks éventuels de sécurité, les arrivées programmées de navires et la période de consommation couverte d’ici 2012, date annoncée pour l’atteinte de l’autosuffisance en riz. En temps opportun, le Parti socialiste évaluera ce programme tel qu’annoncé par le gouvernement et en jugera la cohérence et les chances de succès. En attendant, l’ordre public alimentaire devra être assuré par le gouvernement en toute responsabilité, sans dérobade, ni effets d’annonces sans lendemain.
Enfin la gestion cahoteuse, et pour ainsi dire ruineuse, du dossier des prix des biens et services courants par le gouvernement d’Abdoulaye Wade, en sa énième formule de réaménagements inopérants, ne doit pas l’exonérer, même temporairement, de l’obligation de clarifier, sans délai, la nébuleuse totale que constituent les chantiers de l’ANOCI. Ainsi, par une pression continue, l’opinion publique nationale et internationale doit continuer de réclamer, haut et fort, la reddition détaillée des opérations et des comptes de l’ANOCI, combinée à un audit indépendant de ses structures et de ses activités, de ses méthodes et procédures et enfin du degré de respect des règles qui gouvernent les finances publiques et le souci de l’efficience de la dépense publique.
Fait à Dakar, le 09 avril 2008
Le Bureau politique
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