L’émission
de bons et d’obligations du Trésor pour un montant de 100 Milliards
de Francs CFA lancée récemment par le gouvernement confirme les
déclarations courantes sur la banqueroute de
l’Etat confronté à des difficultés de trésorerie sans précédent.
Il est, en effet, de notoriété publique que
le régime libéral, après avoir détruit la structure de l’économie
nationale, a installé notre pays dans une crise financière de grande
ampleur, conséquence du train de vie dispendieux du régime libéral.
Au-delà de
ce constat d’évidence, le Parti socialiste exprime son opposition
à une telle décision du gouvernement qui, en recourant à
la technique de l’emprunt obligataire
pour payer la dette intérieure, verse dans la facilité et dans les
solutions à courte vue. En effet, il ne s’agit ni plus, ni moins,
par l’artifice du « soul bouki, souli bouki », de financer les dettes
arrivées à échéance par de nouvelles dettes à brève échéance,
gonflant ainsi un passif déjà lourd
d’autres emprunts obligataires qui arrivent à
terme l’année prochaine.
De plus l’émission
de ce nouvel emprunt obligataire intervient au moment où le gouvernement
n’arrive toujours pas, en l’absence de loi de finances rectificative,
à éclairer l’opinion sur l’affectation des 200 Millions de dollars
(90 Milliards de Francs CFA à l’époque)
versés par SUDATEL en novembre 2007, à moins qu’il ne
s’agisse d’un chèque en bois remis sous la pression de l’opinion
qui doutait des capacités financières de SUDATEL.
D’ailleurs au sujet de SUDATEL, le Parti socialiste demande également
au gouvernement d’édifier l’opinion sur les capacités réelles
de cette société adjudicataire de la troisième licence de téléphonie,
à respecter les dispositions du cahier des charges, notamment en ce
qui concerne la date de démarrage de ses activités d’exploitation
initialement fixée au mois de janvier 2008,
renvoyée au mois de mars, puis au mois de mai 2008
sans aucune explication et l’attribution de 15 % du capital de cette
société aux privés nationaux.
Le recours
à des emprunts obligataires est d’autant plus
risqué qu’après avoir privé les générations futures
des richesses nationales par une politique d’aliénation du patrimoine
foncier national et de liquidation
des entreprises phares de l’économie nationale, le régime d’Abdoulaye
WADE est en train de compromettre leur destin en les obligeant à
rembourser des dettes contractées pour un usage qui ne correspond
nullement aux besoins et priorités du pays.
De toute évidence,
contre cette propension du gouvernement à accumuler les dettes pour
financer des dépenses non indispensables,
la solution viable, conforme au format d’une gestion vertueuse des
ressources publiques, consiste à réduire le train de vie somptuaire
de l’Etat que vient de conforter le morcellement en trois ministères
du département de l’éducation et de la formation
et à respecter les priorités et les
opportunités dans l’utilisation de l’argent public.
Sur un tout
autre plan, le Parti socialiste, tout en saluant l’esprit de dépassement
et le sens des responsabilités des enseignants qui, une fois de plus,
ont mis en avant l’intérêt de l’école,
se félicite de l’accord intervenu in extrémis
entre le gouvernement et l’Intersyndicale enseignante, accord qui,
même s’il sauve l’école sénégalaise de la sombre perspective
d’une année blanche, ne met pas fin à la crise chronique du système
éducatif. C’est pourquoi, le Parti socialiste
qui espère que cet accord ne sera pas
synonyme d’ajournement de la crise
scolaire, au regard de
l’incroyable absence de crédibilité de la parole
d’Abdoulaye Wade, invite les partenaires, les acteurs
de l’école et les facilitateurs déclarés à
rester vigilants et à s’ériger en sentinelles de cet accord.
En outre, le
Parti socialiste manifeste sa vive préoccupation sur
la situation du monde rural fortement éprouvé par la famine à laquelle
viennent se greffer le laxisme et la démagogie
du gouvernement dans la préparation de la présente campagne agricole.
En effet, en dépit des assurances
fournies par le gouvernement, les populations rurales continuent de
s’élever contre les retards enregistrés dans la distribution des
semences, engrais et produits phytosanitaires
au moment où l’hivernage s’installe dans la majeure partie du pays.
Enfin, le Parti
socialiste exprime sa stupéfaction devant la décision d’Abdoulaye
Wade d’allouer 3 Milliards de Francs CFA pour la
réalisation du chef d’œuvre inachevé de Sembène Ousmane « Samory »
par l’entremise d’une fondation qui porte son nom.
Au-delà des réserves sur l’existence légale de cette fondation
et sur l’origine de ses ressources en l’absence de toute procédure
transparente de levée des fonds, le Parti socialiste souligne le conflit
d’intérêt manifeste entre cette fondation et les charges républicaines
de son parrain.
Dakar, le 11
juin 2008
Le Bureau politique
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