A l’évidence, la folie dépensière du régime
d’Abdoulaye Wade, réalisée au mépris du respect des critères de priorité
et d’opportunité et des règles de transparence et d’efficience de
la dépense publique, a mené notre économie à la faillite ainsi qu’en
atteste l’incapacité du pouvoir actuel à apurer la dette intérieure et à
proposer des solutions efficaces de sortie de crise.
Devant ces signaux non équivoques de banqueroute, Abdoulaye
Wade s’est lancé dans une grande offensive de recherche d’argent sous
la couverture d’un plan agricole chimérique, annoncé sous une formule
pompeuse, pour tenter de soutirer des fonds aux partenaires au développement pour
ensuite les dissiper dans les dépenses somptuaires de son régime.
Dans cette quête effrénée d’argent, aucun moyen
n’est écarté. Abdoulaye Wade, après s’en être pris à la BCEAO et à
l’ASCENA, s’attaque maintenant à la FAO et aux ONG, considérés
comme des obstacles à la mise en œuvre du plan ourdi pour d’abord engranger
et ensuite utiliser à d’autres fins l’aide internationale destinée
aux secours alimentaires d’urgence.
C’est au nom de la logique affairiste
qu’Abdoulaye Wade s’attaque aujourd’hui à la participation de
l’Etat dans le capital de la SONATEL, décision qui pousse des
cercles de plus en plus larges de citoyens à interpeller le gouvernement sur les
véritables motivations de cette décision. Cette interpellation qui va au-delà
d’une simple interrogation, porte également sur les conditions de
sélection de la banque d’affaires chargée d’évaluer ces actions et
de définir les modalités de leur cession eu égard aux échos d’absence de
transparence relevés dans la passation de ce marché.
Dans le même ordre d’idées, le Parti socialiste interpelle
le gouvernement sur l’opportunité, au regard de la détérioration du
pouvoir d’achat des populations, de la redevance
sur l'accès ou l'utilisation du réseau de télécommunications publiques qui
n’aura pour incidence que de renchérir le coût du téléphone et par
conséquent de freiner la généralisation de l’accès à cet outil de
communication de base.
Par ailleurs, la décision de transférer les activités
aéronautiques de l’ASECNA à l’Etat du Sénégal, dictée par la
logique affairiste des lobbies qui infestent la sphère publique, ne vise en
réalité qu’une volonté de faire main basse sur les redevances aéronautiques
ainsi que sur le patrimoine foncier destiné aux activités aéronautiques.
Dans cette affaire, il faut craindre, avec la mauvaise
gestion qui caractérise le régime libéral, un détournement d’objectif dans
l’utilisation de ces fonds destinés à la réalisation
d’infrastructures et d’équipements structurants et à la formation
des acteurs et travailleurs du secteur aérien et
aéronautique. Le Parti socialiste qui
manifeste son inquiétude eu égard à l’indolence propre au pouvoir actuel,
interpelle le gouvernement sur les mesures d’accompagnement prises dans ce
secteur à haute intensité sécuritaire où les carences se paient au prix des
vies humaines.
D’interpellation, la réaction du Parti socialiste devient
suspicion à propos de la nébuleuse qui entoure la redevance pour le
développement des infrastructures aéroportuaires assise, depuis 2005, sur tout
billet d’avion à destination et en partance du Sénégal pour un trafic
aérien annuel d’environ 1.500.000 passagers. C’est pourquoi il
invite le Ministre de l’Economie et des Finances à éclairer les
Sénégalaises et les Sénégalais sur les modalités de gestion et la destination
des dizaines de milliards de francs CFA générés par cette taxe.
Sur toutes ces questions et sur la brume qui entoure la
gestion financière de l’ANOCI, le Parti socialiste, à l’instar d’une
frange avisée de l’opinion, engage Abdoulaye Wade à fournir des
éclaircissements au lieu de toujours chercher, par des moyens détournés, à
esquiver les préoccupations actuelles des Sénégalais. Dans ce sens, le Parti
socialiste qui s’oppose à la révision projetée de l’article 27 de
la Constitution, dénonce le juridisme de mauvais aloi qui sert d’argutie à
cet énième parjure d’Abdoulaye Wade. Au-delà du coup d’Etat
constitutionnel que prépare cette nouvelle tentative de perversion des normes
démocratiques, le Parti socialiste réaffirme que la rédaction actuelle de
l’article 27 de la Constitution ne prévoit que le référendum et met au
défi Abdoulaye Wade d’organiser une consultation populaire sur la
question.
Au lieu de se perdre dans les tours et autres ruses,
Abdoulaye Wade gagnerait à consacrer son énergie à assurer l’ordre public
alimentaire en prenant les mesures appropriées pour freiner la hausse
vertigineuse des prix à la consommation et pour garantir
l’approvisionnement régulier du marché en denrées et produits de première
nécessité.
Enfin, le Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à mettre fin
à son subterfuge suicidaire du dilatoire en engageant résolument le
gouvernement dans des négociations sérieuses avec l’Intersyndicale
enseignante afin de sauver l’école sénégalaise du spectre de plus en plus
visible de l’année blanche.
Dakar, le 14 mai 2008
Le Bureau politique
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