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Entretien avec Ousmane Tanor Dieng

Ousmane Tanor Dieng à Walf TV



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BUREAU POLITIQUE DECLARATION DU MERCREDI 14 MAI 2008 Convertir en PDF Version imprimable Votre email
14-05-2008
ImageA l’évidence, la folie dépensière du régime d’Abdoulaye Wade, réalisée au mépris du respect des critères de priorité et d’opportunité et des règles de transparence et d’efficience de la dépense publique, a mené notre économie à la faillite ainsi qu’en atteste l’incapacité du pouvoir actuel à apurer la dette intérieure et à proposer des solutions efficaces de sortie de crise.

Devant ces signaux non équivoques de banqueroute, Abdoulaye Wade s’est lancé dans une grande offensive de recherche d’argent sous la couverture d’un plan agricole chimérique, annoncé sous une formule pompeuse, pour tenter de soutirer des fonds aux partenaires au développement pour ensuite les dissiper dans les dépenses somptuaires de son régime. 

Dans cette quête effrénée d’argent, aucun moyen n’est écarté. Abdoulaye Wade, après s’en être pris à la BCEAO et à l’ASCENA, s’attaque maintenant à la FAO et aux ONG, considérés comme des obstacles à la mise en œuvre du plan ourdi pour d’abord engranger et ensuite utiliser à d’autres fins l’aide internationale destinée aux secours alimentaires d’urgence.

C’est au nom de la logique affairiste qu’Abdoulaye Wade s’attaque aujourd’hui à la participation de l’Etat dans le capital de la SONATEL, décision qui pousse des cercles de plus en plus larges de citoyens à interpeller le gouvernement sur les véritables motivations de cette décision. Cette interpellation qui va au-delà d’une simple interrogation, porte également sur les conditions de sélection de la banque d’affaires chargée d’évaluer ces actions et de définir les modalités de leur cession eu égard aux échos d’absence de transparence relevés dans la passation de ce marché.

Dans le même ordre d’idées, le Parti socialiste interpelle le gouvernement sur l’opportunité, au regard de la détérioration du pouvoir d’achat des populations, de la redevance sur l'accès ou l'utilisation du réseau de télécommunications publiques qui n’aura pour incidence que de renchérir le coût du téléphone et par conséquent de freiner la généralisation de l’accès à cet outil de communication de base.

Par ailleurs, la décision de transférer les activités aéronautiques de l’ASECNA à l’Etat du Sénégal, dictée par la logique affairiste des lobbies qui infestent la sphère publique, ne vise en réalité qu’une volonté de faire main basse sur les redevances aéronautiques ainsi que sur le patrimoine foncier destiné aux activités aéronautiques.

Dans cette affaire, il faut craindre, avec la mauvaise gestion qui caractérise le régime libéral, un détournement d’objectif dans l’utilisation de ces fonds destinés à la réalisation d’infrastructures et d’équipements structurants et à la formation des acteurs et travailleurs du secteur aérien et aéronautique. Le Parti socialiste qui manifeste son inquiétude eu égard à l’indolence propre au pouvoir actuel, interpelle le gouvernement sur les mesures d’accompagnement prises dans ce secteur à haute intensité sécuritaire où les carences se paient au prix des vies humaines.

D’interpellation, la réaction du Parti socialiste devient suspicion à propos de la nébuleuse qui entoure la redevance pour le développement des infrastructures aéroportuaires assise, depuis  2005, sur tout billet d’avion à destination et en partance du Sénégal pour un trafic aérien annuel d’environ 1.500.000 passagers. C’est pourquoi il invite le Ministre de l’Economie et des Finances à éclairer les Sénégalaises et les Sénégalais sur les modalités de gestion et la destination des dizaines de milliards de francs CFA générés par cette taxe. 

Sur toutes ces questions et sur la brume qui entoure la gestion financière de l’ANOCI, le Parti socialiste, à l’instar d’une frange avisée de l’opinion, engage Abdoulaye Wade à fournir des éclaircissements au lieu de toujours chercher, par des moyens détournés, à esquiver les préoccupations actuelles des Sénégalais. Dans ce sens, le Parti socialiste qui s’oppose à la révision projetée de l’article 27 de la Constitution, dénonce le juridisme de mauvais aloi qui sert d’argutie à cet énième parjure d’Abdoulaye Wade. Au-delà du coup d’Etat constitutionnel que prépare cette nouvelle tentative de perversion des normes démocratiques, le Parti socialiste réaffirme que la rédaction actuelle de l’article 27 de la Constitution ne prévoit que le référendum et met au défi Abdoulaye Wade d’organiser une consultation populaire sur la question.

Au lieu de se perdre dans les tours et autres ruses, Abdoulaye Wade gagnerait à consacrer son énergie à assurer l’ordre public alimentaire en prenant les mesures appropriées pour freiner la hausse vertigineuse des prix à la consommation et pour garantir l’approvisionnement régulier du marché en denrées et produits de première nécessité.  

Enfin, le Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à mettre fin à son subterfuge suicidaire du dilatoire en engageant résolument le gouvernement dans des négociations sérieuses avec l’Intersyndicale enseignante afin de sauver l’école sénégalaise du spectre de plus en plus visible de l’année blanche.

Dakar, le 14 mai 2008

Le Bureau politique

 

 
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