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A la veille de la célébration de la fête du travail, comment
ne pas ressentir le spectre d’un chaos généralisé, conséquence du marasme
économique et du malaise social ambiant. Il suffit à cet égard de rappeler les
difficiles conditions de vie des populations engoncées dans la spirale
infernale de la flambée des prix des denrées et produits de grande
consommation.
Dans ce contexte, le relèvement du pouvoir d’achat des
ménages reste une priorité dans l’ordre des urgences à résoudre, sans
occulter la satisfaction des revendications relatives à l’amélioration
des conditions de travail et à la défense de l’outil de travail. En
effet, à côté de la question vitale du pouvoir d’achat, la remise à flots
des unités industrielles et la relance des secteurs de la pêche et du tourisme,
dans le cadre de plans de restructuration cohérents, constituent une priorité
afin de préserver les milliers d’emplois dans ces secteurs.
Par ailleurs, la crise actuelle a plongé les secteurs vitaux de
la santé et de l’éducation dans une impasse qui contraste avec la
propagande publique quant à leur part fictive sur le budget national. Cette
irresponsabilité des autorités actuelles a abouti à rendre les structures
sanitaires agonisantes par suite d’une asphyxie financière consécutive à
une dette impayée de l’Etat d’un montant de 25 Milliards de Francs
CFA et à l’accroissement inconsidéré de la masse salariale des hôpitaux
du fait de recrutements de militants du PDS. Ainsi les travailleurs de la
santé sont plus que préoccupés par le sort de leur outil de travail pendant que
les pharmaciens en grève réclament le sauvetage de leur filière. Sous ce
rapport, la crise aigüe que traverse le secteur de la santé est la conséquence à
la fois du gaspillage immodéré des ressources publiques, du non respect des
engagements financiers de l’Etat et de la politisation des recrutements.
S’agissant singulièrement de l’hôpital Aristide
Le Dantec, l’indifférence des autorités face à la situation alarmante de
cet important centre hospitalier universitaire, qui accueille quotidiennement
13.000 patients, illustre, à n’en point douter, la constance de la
stratégie du laissez-pourrir pratiquée par le régime libéral pour remettre au
goût du jour son vieux projet de délocalisation du site afin de l’intégrer
dans le lot des assiettes foncières à aliéner par des transactions occultes au
profit du capital étranger.
Dans le même temps, le stratagème irresponsable de
pourrissement adopté par le gouvernement face aux revendications légitimes de
l’intersyndicale enseignante a installé l’école sénégalaise dans
une crise dont l’issue la plus certaine est une année blanche aux
conséquences désastreuses pour l’avenir des élèves et pour la crédibilité
de notre système éducatif.
Sur toutes ces questions qui entretiennent des interrelations
qui exacerbent davantage leurs effets dramatiques sur le vécu quotidien des
populations, le mal est tellement profond qu’il appelle des solutions que
la trésorerie de l’Etat, aspirée avidement par le gaspillage frénétique et
par le pillage honteux des deniers publics, ne permet pas d’entrevoir. En
effet, il ne fait plus aucun doute maintenant que les dépenses somptuaires
récurrentes ont vidé les caisses de l’Etat, incapable à ce jour
d’apurer les factures de 2007 (plus de 100 Milliards de Francs CFA) et de
payer la subvention due aux distributeurs sur le prix du riz.
C’est cette incapacité à trouver des solutions qui
conduit Abdoulaye Wade, plus par incurie que par raillerie, à descendre sans
gant dans les caniveaux de la vilenie et à y ressasser des chimères comme
unique dérivatif aux difficultés quotidiennes et à la colère sourde des
populations.
A la place de cette attitude aussi irresponsable que vile, le
Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à acquérir plus de lucidité en
mobilisant et en consacrant son énergie à la satisfaction des revendications
légitimes des travailleurs au lieu de toujours chercher, dans les tentatives de
diversion et dans les divisions factices du mouvement syndical, des succédanés
à la crise socio économique actuelle.
Dans cet ordre d’idées, le Parti socialiste qui
réaffirme sa solidarité agissante avec le monde du travail, invite Abdoulaye
Wade à saisir le prétexte de la fête du travail pour prendre des mesures d’urgence
avec un impact significatif sur le niveau de vie des populations et à renouer
le dialogue avec l’intersyndicale enseignante afin d’éviter une
année blanche aux jeunes élèves déjà fortement éprouvés par l’absence de
perspective rassurante.
Par ailleurs, le Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à
rassurer les paysans, nos vaillants travailleurs de la terre, sur les
dispositions non virtuelles prises par le gouvernement pour la présente
campagne agricole afin d’éviter que les errements coupables cumulatifs notés
lors des précédentes ne plombent durablement ce secteur vital de notre économie.
Enfin face à la résurgence des agressions et des attaques à
main armée, le Parti socialiste appelle les Sénégalais à prendre l’exacte
mesure de ce phénomène émergent et rappelle au régime d’Abdoulaye Wade
son obligation quant à la sécurité des personnes et des biens, ce en mobilisant
les forces de l’ordre dans la protection des populations au lieu de
chercher à les instrumentaliser dans une répression gratuite qui, de toute
façon, est vouée à l’échec face à la résistance fatalement victorieuse engagée
par le mouvement populaire.
Dakar, le 30 avril 2008
Le Bureau politique
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