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Entretien avec Ousmane Tanor Dieng

Ousmane Tanor Dieng à Walf TV



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BUREAU POLITIQUE DECLARATION SUR LE DISCOURS A LA NATION D’ABDOULAYE WADE Convertir en PDF Version imprimable Votre email
03-01-2008
ImageDans un Etat, la préoccupation essentielle du Président de la République doit être de répondre aux aspirations légitimes des citoyens. Il est de ce fait concerné, au premier chef, par l’amélioration de leurs conditions de vie et, le cas échéant, par la formulation de mesures efficaces de sortie de crise. Au regard de la situation actuelle du Sénégal, c’est à cette aune-là que doit être apprécié le discours à la Nation d’Abdoulaye Wade. Comme la majorité de nos concitoyens, le Parti socialiste considère qu’Abdoulaye Wade vient une fois encore, de manquer un rendez vous avec la Nation, en se livrant à un exercice où l’esquive le disputait à la diversion.

Sur le fond, le Parti socialiste a noté, pour s’en désoler, qu’Abdoulaye Wade a occulté des questions aussi essentielles que la panne de notre système démocratique, la crise des institutions et la rupture du dialogue politique, caractéristiques d’une véritable impasse politique qui trouve ses origines dans la grande mascarade électorale du 25 février 2007.

La crise casamançaise a, elle aussi, été occultée. Pour cause ! Après avoir promis la résolution du conflit en cent jours, proclamé un jour férié pour un supposé accord définitif de paix, les seuls développements visibles aujourd’hui sont les assassinats et les attaques à main armée.
 
Le Parti socialiste a également constaté le manque d’intérêt qu’Abdoulaye Wade a manifesté pour les entreprises en faillite et pour les unités industrielles en décomposition et pour lesquelles il n’a formulé aucune mesure de relance des activités.

Au titre des autres questions éludées, le Parti socialiste a relevé les problèmes de la jeunesse sénégalaise dont les relations avec Abdoulaye Wade prennent de plus en plus la forme d’un véritable divorce. Le décalage entre le silence coupable d’Abdoulaye Wade sur ce sujet et la nature des attentes de cette jeunesse est symptomatique d’une réelle incapacité à saisir les problèmes des jeunes qui ne demandent qu’à être intégrés dans la société, par l’éducation et la formation, et sur le marché du travail.

Sur la teneur du discours, le Parti socialiste considère qu’Abdoulaye Wade a escamoté toutes les urgences actuelles du pays et sur lesquelles les Sénégalais attendaient des solutions précises. D’abord, la question du pouvoir d’achat qui est au cœur des revendications des travailleurs, a fait l’objet d’un traitement superficiel de la part d’Abdoulaye Wade qui n’a fait que réchauffer les 19 mesures qui, depuis qu’elles ont été prises, n’ont pas réussi à infléchir la hausse insoutenable du coût de la vie. Au contraire au moment où Abdoulaye Wade se perdait dans ses propres errements, les prix du ciment et du carburant ont encore augmenté.

La crise du monde rural, qu’Abdoulaye Wade a fini par admettre après l’avoir niée pendant des années, n’a pas non plus reçu les solutions attendues. Au lieu d’annoncer des mesures hardies de distribution immédiate de vivres, de relance de la production, d’assistance et d’indemnisation du monde rural, il s’est défaussé sur les aléas climatiques sans s’expliquer sur les échecs de « ses pluies artificielles » et de « ses bassins de rétention ». Visiblement Abdoulaye Wade n’a pas réussi à convaincre sur les errements du gouvernement dans la campagne agricole, notamment l’inadaptation de la carte variétale de l’arachide aux cycles pluviométriques, l’insuffisance et la mauvaise qualité des semences, des engrais et autres intrants et les retards dans leur mise en place et leur distribution.

Sur un autre plan, le Parti socialiste considère l’appel lancé aux enseignants comme une nouvelle manœuvre dilatoire d’Abdoulaye Wade afin d’obtenir un répit sur le front social jusqu’après l’organisation du Sommet de l’OCI. Plutôt que de proposer des assises nationales sur la situation des enseignants, le Parti socialiste invite Abdoulaye Wade à ouvrir, dans les meilleurs délais, des négociations sérieuses sur les revendications déjà formulées par leurs syndicats. Pour le règlement des problèmes structurels de notre système éducatif, le Parti socialiste propose, conformément aux objectifs des Assises Nationales, de procéder à une évaluation exhaustive et méthodique des conclusions des Etats généraux de l’éducation de 1981 afin d’identifier leurs insuffisances et de les corriger.

Sur la crise de l’énergie, les solutions proposées, avec des formulations vagues et une argumentation sans consistance, démontrent l’absence de politique énergétique. A ce sujet, le Parti socialiste est d’avis que, pour relever le défi de l’indépendance énergétique, le gouvernement devrait diversifier les sources d’énergie en finançant la recherche sur les énergies solaire, hydraulique et éolienne mais aussi sur les bio carburants.

D’autre part, le Parti socialiste relève, pour s’en féliciter, la décision d’Abdoulaye Wade de reprendre à son compte un engagement du candidat Ousmane Tanor DIENG qui, pendant la campagne électorale de février 2007, avait proposé un programme national d’équipement et de réhabilitation des cités et villes religieuses, toutes confessions confondues. Il l’invite toutefois à ne pas dévoyer ce programme et à l’inscrire dans un cadre budgétaire transparent en veillant à sa mise en œuvre concomitante et équilibrée. C’est d’ailleurs ce souci d’un aménagement équilibré du territoire qui suscite les inquiétudes du Parti socialiste à l’égard des infrastructures uniquement réalisées à Dakar et qui soulèvent de réels problèmes d’opportunité et de transparence.

Par ailleurs, le Parti socialiste considère qu’Abdoulaye Wade est totalement coupé de la réalité avec ses propositions fantasmatiques tels les tramways et les centrales nucléaires ainsi que celle déjà oubliée de nous offrir sept TGV en quatre ans, propositions qui meubleront pour longtemps encore notre imaginaire. En vérité, Abdoulaye Wade qui s’est mis à louvoyer tout au long de son adresse à la Nation, a montré aux Sénégalais, qui étaient déjà dans l’attente de la réalisation des anciennes promesses, qu’il était incapable de trouver des solutions à la crise actuelle que traverse notre pays.

Face à l’insouciance et à l’incompétence d’Abdoulaye Wade, le Parti socialiste estime qu’un sursaut national s’impose, de toute urgence, pour freiner la spirale de la crise provoquée par l’affairisme d’Etat, le gaspillage et le pillage des ressources nationales et pour favoriser, à court terme, les conditions d’un redressement salvateur et salutaire. Dans cet ordre d’idées, le Parti socialiste, déjà à la pointe du combat pour sortir notre pays de l’impasse, invite toutes les forces de progrès à se joindre à l’initiative des Assisses Nationales afin de dégager des solutions aptes à mettre un terme aux souffrances des Sénégalais que le pouvoir d’Abdoulaye Wade a pris en otage en les privant de ce dont tout un système les appelle à jouir.


Fait à Dakar, le 02 janvier 2008
Le Bureau politique

 
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