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Le Bureau politique
du Parti socialiste a tenu sa réunion hebdomadaire, le mercredi 05
mars 2008, sous la présidence de son Secrétaire général, le camarade
Ousmane Tanor DIENG.
Revenant sur
l’acte de vandalisme perpétré sur le site du stade Assane Diouf,
le Bureau politique fustige les tentatives
du pouvoir en place de diluer cette grave affaire dans les vapeurs de
l’irresponsabilité alors même que
la cession du site programmée dès les premiers moments de l’alternance
a été faite avec l’aval des plus hautes autorités de l’Etat.
A ce sujet, l’annonce par Abdoulaye Wade lui-même du gel du projet,
preuve explicite de son implication personnelle dans cette transaction
nébuleuse aux effluves affairistes, ne peut paraître que comme un
ridicule succédané au regard de l’exigence des jeunes des quartiers
riverains à bénéficier d’une infrastructure sportive de qualité.
Pour le Bureau
politique, cette affaire remet au goût du jour l’affairisme qui a
envahi toutes les sphères de l’Etat et dont les manifestations
les plus récentes sont visibles dans la préparation du Sommet de l’OCI
qui a fourni le prétexte pour procéder
à des montages juridico-financiers ahurissants et
au pillage systématique des biens publics
à travers l’attribution, dans des conditions opaques, de terrains
du domaine public maritime à des privés, sans égard
pour les intérêts du Sénégal et pour l’environnement.
Au sujet du Sommet
de l’OCI, le Parti socialiste fustige l’instrumentalisation de
la religion à des fins purement politiciennes
à propos d’une réunion de Chefs d’Etats et de Gouvernement
qui, de toute évidence, ne changera rien dans le vécu quotidien des
Sénégalais si ce ne sont les désagréments que leur causent les
mesures de restriction, et donc les atteintes
aux libertés individuelles et collectives, prises par le Ministère
de l’Intérieur.
Dans cet esprit,
la politisation à outrance du Sommet de l’OCI paraît aux yeux de
l’opinion la plus avisée comme une vulgaire
manœuvre de diversion dont l’objectif est de détourner l’attention
sur les préoccupations actuelles des Sénégalais durement éprouvés
par une crise multidimensionnelle et multiforme aggravée par l’insouciance
du pouvoir en place. Dès lors le dilatoire qui consiste à tout
suspendre à la tenue du Sommet constitue une fuite en avant d’autant
plus inadmissible que c’est la survie des populations rurales et l’avenir
de l’école sénégalaise qui sont actuellement en jeu.
C’est que ce
Sommet, même si Abdoulaye Wade feint de l’oublier, va se tenir
dans un contexte de crise particulièrement aigue pour le monde rural
qui, en plus d’être confronté à une absence de revenus monétaires
consécutive à la déstructuration de la filière arachidière, est
livrée à elle-même, sans mesure d’assistance et sans secours d’urgence,
face à un déficit vivrier suffisamment préoccupant pour présager
d’une famine imminente.
Dans le même
temps, la crise du système éducatif prend une ampleur inquiétante sans
que le gouvernement ne laisse paraître aucune disponibilité
à relancer le dialogue social en panne ; le tout dans un contexte
de décomposition avancée de tous les secteurs de production,
de dégradation du pouvoir d’achat des
ménages corrélative à une hausse insoutenable du coût de la vie
et de détérioration des finances publiques consécutive à un système
de pillage et de gaspillage des biens et deniers
sans commune mesure avec les moyens et priorités du pays.
Dès lors, le
Bureau politique plus sensible aux appels des travailleurs, à la détresse
du monde rural et aux dures conditions de vie des populations, relève,
pour s’en inquiéter, l’incapacité d’Abdoulaye Wade à comprendre
que les enjeux actuels dépassent largement le
cadre réducteur du dialogue politique. A ce propos, le Parti socialiste,
qui réitère son attachement au dialogue national, rappelle à l’opinion
qu’Abdoulaye Wade porte l’entière responsabilité de la rupture
du dialogue politique pour avoir opposé une fin de non-recevoir méprisante
à l’initiative patriotique des partis membres du Front « Siggil Senegaal »
de renouer le fil du dialogue avec un pouvoir illégitime qui a confisqué
le suffrage populaire au moyen d’irrégularités matérielles et de
fraudes électroniques.
Dans ces conditions,
le Parti socialiste analyse l’appel au dialogue politique d’Abdulaye
Wade, déjà biaisé dans sa forme,
comme un énième subterfuge, signe
du désarroi d’un pouvoir qui ne doit sa survie qu’aux ruses et
aux fraudes et qui vient, une nouvelle fois,
de manifester sa fourberie avec la décision unilatérale de reporter
les élections locales. A ce sujet, le Parti socialiste qui ne s’associera
à aucune manœuvre à courte vue et aux calculs à la petite semaine
dont l’objectif inavoué pour le pouvoir en place est de se sortir
de la mauvaise posture dans laquelle l’a conduite son irresponsabilité,
s’oppose à tout report des élections locales
du 18 mai 2008 et appelle la classe politique, la société civile et
les citoyens attachés à la démocratie à se
mobiliser et à engager le combat pour la
tenue de ces élections à date échue.
Par ailleurs,
le Bureau politique, pour qui la crise a largement débordé du cadre
politique, estime que sa résolution ne peut faire l’économie de
concertations nationales et globales qui intègrent tous les secteurs
et acteurs de la vie politique, économique et sociale. C’est pourquoi,
pour le Parti socialiste, une éventuelle rencontre avec Abdoulaye Wade
ne peut avoir pour objet que la discussion des modalités de participation
du pouvoir aux Assises Nationales, d’autant plus
que le dialogue politique auquel il appelle est partie intégrante des
termes de références desdites Assises. A ce titre, le Bureau politique
rappelle qu’un mandat a été donné au Bureau des Assises Nationales,
à son Président Amadou Makhtar MBOW, notamment pour poursuivre les
contacts afin de persuader et d’inviter d’autres organisations et
institutions à participer aux Assises.
C’est dans
ce cadre strictement patriotique que s’inscrit la position du Parti
socialiste qui invite les autres partis membres du Front « Siggil Senegaal »
et les organisations partenaires à garder
résolument le cap sur les Assises Nationales afin de permettre
à la Nation qui renoue avec sa tradition de dialogue, de s’entendre
sur les moyens de tracer un chemin d’espoir aux femmes et aux hommes,
jeunes et moins jeunes dans une société stable, prospère et solidaire.
Fait à Dakar, le 05 mars 2008
Le Bureau Politique
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