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Entretien avec Ousmane Tanor Dieng

Ousmane Tanor Dieng à Walf TV



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Ousmane Tanor Dieng, candidat du Parti socialiste : L’homme du sens de l’Etat et du secret d’Etat Convertir en PDF Version imprimable Votre email
22-02-2007

TANOR DIENG
TANOR DIENG
L’homme, naguère, était élégant, avec un port très soigné et un look de diplomate ! Ce qu’il est, d’ailleurs, de formation ! Il était très puissant, craint, adulé et courtisé avant le 19 mars 2000. Aujourd’hui, il est devenu moins élégant et moins imposant, a perdu du poids, mais a beaucoup gagné en maturité, en douceur, en consistance et en crédibilité.

Son navire Ps, pris dans la forte tempête de l’avènement de l’alternance politique, a connu une descente aux enfers. Et pendant que des éléments parmi les plus signifiants de son parti désertaient le «navire» comme des rats dans un sauve-qui-peut, Ousmane Tanor Dieng, avec beaucoup de sang froid, de calme, de dignité, de courage, de détermination et de persévérance, a su rester et tenir la barre du «navire» Ps, le maintenant à flot, entouré de quelques fidèles irréductibles !

Il a vaillamment bravé toutes sortes de critiques - sur la gestion tant décriée du pays par le Ps - et d’accusations, d’invectives, d’actes de règlements de compte à son encontre et à su maintenir le cap et rester visible quand l’essentiel de son «équipage», qui symbolisait à outrance tout ce pour quoi une grande partie du pays ne voulait plus du Parti socialiste, au pouvoir, passait par-dessus bord.

Tanor Dieng est resté de marbre, inflexible –comme à son habitude- devant les désertions et les coups de boutoir que recevait le «navire» sur ses flancs et- dans ses travées, au plus fort de la crise. En véritable commandant de bord, OTD est resté drapé de sa dignité et armé d’une ferme résolution à ne pas sombrer, ni quitter la barre, farouchement déterminé, qu’il était, à sauver le «navire» Ps et à le ramener un jour à bon port.

Il faut dire que durant ces sept années qui viennent de s’écouler, il n’était pas de bon ton d’appartenir au Parti socialiste dont on regardait les membres les plus en vue comme des pestiférés qui entamaient leur traversée du désert. Ceux qui y sont restés c’est aussi, pour beaucoup, grâce à OTD, quoi qu’en pense son «ami» Robert Sagna.

Le capitaine Dieng d’hier est ainsi passé commandant et seul maître à bord, les mâchoires toujours serrées, le regard scrutant l’horizon 2007, l’esprit résolument tourné vers/sur l’avenir, son avenir politique.

C’est vrai qu’il est l’homme dont la rapide promotion à un fameux congrès sans débats, a été l’erreur fatale de Abdou Diouf ; erreur qui allait signer les départs respectifs de deux poids lourds du Ps dont l’un allait peser lourdement sur la défaite de Diouf à la présidentielle de Mars 2000.

 Tanor, lui, pouvait se permettre, après tout, d’espérer pour plus tard ! Et son jeune âge l’y aidait ! Il avait du temps devant lui ! Il avait toutefois besoin de reprendre des forces –il a, entre temps, perdu un peu trop de poids et cela, bien avant la campagne électorale.

Il avait également besoin de s’étoffer et de mûrir davantage. Et pour cela, rien de plus indiqué que la traversée du désert ou plutôt une bonne cure dans l’opposition, loin des lambris dorés du Palais présidentiel où il a vraiment fait la pluie et le beau temps.

Cette cure était le meilleur moyen de remettre en place ses idées, de mieux se faire connaître, de réévaluer ses troupes, de renouveler patiemment, loin de la gestion des affaires, son «armement de guerre», d’élaborer sa stratégie de conquête du pouvoir ainsi que l’armement lourd qui allait lui permettre d’atteindre ses objectifs : le Palais présidentiel, non plus comme ministre des Affaires présidentielles, mais comme chef suprême.

A quelque chose, malheur est bon, diront les mauvaises langues ! Et pourtant, elles auront bien raison ces mauvaises langues, car c’est aux commandes d’une véritable «machine de guerre» que s’est retrouvé Ousmane Tanor Dieng aujourd’hui, arborant une fière et solide carrure d’homme d’Etat, de présidentiable !

Dans sa vie d’opposant –quand bien même l’opinion aurait trouvé cette opposition citoyenne trop molle-, monsieur Dieng s’est initié aux manifs de rue, aux lacrymo et au panier à salade ! Il a desserré les mâchoires, a découvert les vertus relaxantes du sourire et les bienfaits oh combien épanouissants de la communication politique et de la communication tout court.

En effet, le discours est plus consistant, plus pertinent et plus percutant, sans jamais un mot de trop ! Il n’a pas reçu une formation de diplomate pour rien ! A cela, est venu se greffer un sens très élevé de l’Etat et du secret d’Etat ! Pas de déballage, ni de règlement de compte. Chapeau M. Dieng ! Les électeurs apprécieront très certainement. C’est toujours un grand plus sur les autres !

Et au vu de tout ce à quoi le régime actuel nous a habitués depuis sept ans, en matière de déballage et de scandales et aussi de confidences / repentir de la part de transhumants Ps aujourd’hui accroupis aux pieds de Wade, bien des Sénégalais seraient maintenant séduits par la perspective d’un retour du Ps, mais d’un Ps new look bien sûr. Et Tanor Dieng, aujourd’hui plus que jamais prêt, serait bien sûr preneur ! Mais qu’en pense l’électorat ? On le saura le 25 février au soir !

Et il s’y est sacrément bien préparé notre bonhomme ! Son style vestimentaire et son allure générale sont certes devenus plus sobres, mais Ousmane Tanor Dieng, lui, a gagné en profondeur, en arborant un aspect plus humain, et en étant plus proche des gens et plus accessible. Même les personnes qui ne le connaissent pas se surprennent à le trouver sympathique si elles ne lui témoignent pas carrément de la sympathie.

Et les mauvaises langues d’y voir aussitôt un «maquillage», voire une métamorphose commandée par une stratégie de communication et de marketing politique. Tandis qu’une partie de l’opinion se demande encore si ce n’est pas trop tôt de ramener le Parti socialiste aux commandes des affaires, juste sept ans après leur départ du pouvoir. L’alternance est un élément garant de la démocratie, vous répondront tous ceux qui en ont marre de Wade et de son système !

Si l’on sait que Abdoulaye Wade veut absolument les maintenir hors de ce pouvoir pour au moins un demi-siècle, Ousmane Tanor Dieng lui, et toute l’équipe soudée autour et derrière lui, vous diront que ce Ps-là, leur Ps, est un Ps neuf, qui s’est purgé les entrailles et les flancs, de toute la «pourriture», cette nécrose qui le minait et dont la gangrène avait fini par donner au parti, avant février 2000, le visage hideux et repoussant que beaucoup de Sénégalais ne voulaient plus voir.

Tanor et ses ouailles vous diront qu’il s’agit-là d’un parti où ne sont restés et auquel n’ont adhéré que ceux qui croient encore en quelque chose, en un idéal ! Après tout, on ne connaît ses vrais amis que dans l’épreuve, non ? Et monsieur Dieng de rassurer les inquiets qui sont au pouvoir et les autres qui s’étaient dépêchés de quitter le «navire» en pleine tourmente, en disant que s’il est élu le 25 février, il gouvernera avec beaucoup de mansuétude.

Un grand cœur pensez-vous ? Promesses de campagne, vous diront les mauvaises langues. Allez savoir ! L’opinion qui est toujours à l’affût des scoops, d’y voir aussi une invite adressée d’avance à tous ceux qui avaient quitté la «maison Ps» et à tous ceux qui seraient tentés aujourd’hui et demain de migrer du Pds vers le Ps.

C’est Abdoulaye Wade qui va certainement apprécier, lui qui est si entouré d’anciens membres de premier plan du Ps et de libéraux de la 25ème heure. Des individus qui ne peuvent être qu’avec ceux qui détiennent le pouvoir.

Tanor, lui, a lancé «le filet» et il verra bien ce que ça va rapporter ! Il n’a cessé de sillonner le pays de fond en comble ! Il a retrouvé les grandes mobilisations du temps de sa toute puissance. Ça pourrait enfin être son heure ! Il semblerait que moom mo ko yor deugueu ! Il a encore quatre jours pour faire du deuguereul ! Qu’en penseront les électeurs ? Ils le lui feront savoir le 25 février !

 Par Mamadou MBODJI - Psychologue - UCAD
 
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