Un Nouvel Elan

Un Nouvel Elan

OTD sur Canal info

OTD sur Canal info 2/2

ALBUM PHOTOS

PHOTOS OTD - IMG_2784    PHOTOS DE CAMPAGNE - DSCF1823    PHOTOS DE CAMPAGNE - DSCF1277    PHOTOS DE CAMPAGNE - DSCF1592    PHOTOS OTD - IMG_2693    PHOTOS OTD - IMG_2736    PHOTOS OTD - IMG_2748    PHOTOS OTD - Photo 143    PHOTOS OTD - IMG_2698    PHOTOS OTD - IMG_2688   

Entretien avec Ousmane Tanor Dieng

Ousmane Tanor Dieng à Walf TV



Lire aussi

Syndication

Site optimisé pour

NEWS LETTER






ACCUEIL arrow PORTRAIT arrow L'HOMME arrow OUSMANE TANOR DIENG : Un homme de foi et de discrétion
OUSMANE TANOR DIENG : Un homme de foi et de discrétion Convertir en PDF Version imprimable Votre email
12-06-2004

Ousmane Tanor Dieng
Tanor Dieng
Un homme de foi et de discrétion, il a été le Tout Puissant entonnoir de l’Etat et de la République de sorte que l’on voyait en lui un monstre froid comme I’Etat qu’il incarnait et un dauphin attitré de Diouf. Devenu Premier secrétaire du PS après un Congrès controversé, il a été adulé par-ci, dénigré par-la, béni par les uns et maudit par les autres. Mais, même après la défaite de son parti, il est resté le même homme, serein, déterminé et mystérieux.

Le corps svelte, le menton saillant et la poitrine étroite, il a un regard introverti, grave et profond. Il est d’une très grande timidité et d’une étonnante sérénité qui illustre sa nature circonspecte et réservée. C’est pourquoi, dans son calme olympien, il dégage parfois une froideur qui indispose l’interlocuteur qui l’approche pour la première fois. C’est que Ousmane Tanor Dieng est un homme qui n’aime pas les spéculations hasardeuses et non-conformistes. Il a horreur de La superficialité et du bavardage impénitent et inutile. Il est plus un « bourreau du travail » qu’un adepte du discours et de la parole.

Pourtant, il est un homme politique. Or chez l’homme politique, l’élocution et la tonalité du discours sont bien des atouts fondamentaux et des indices d’homologation de La personnalité. «L’éloquence est politique», enseigne le philosophe Alain. Mais, Ousmane Tanor Dieng, malgré la profondeur des idées et l’originalité des propos, n’est pas éloquent. C’est peut-être son plus grand handicap.

Mais derrière ce handicap, se cache un grand homme d’Etat considéré comme un travailleur acharné qui produit des efforts immenses pour arriver à la concrétisation des objectifs qu’il se fixe ou qu’on lui indique, De nature toujours sceptique, il ne s’en tient qu’aux choses concrètes aussi bien dans la vie sociale que dans l’action politique.

Un Homme mystérieux

Pendant près d’une décennie, Ousmane Tanor Dieng a été un homme d’Etat puissant en qui battait le coeur de l’Etat et de la République. li fut l’entonnoir de la Présidence de la République de sorte que les citoyens voyaient en lui le dauphin attitré du prédécesseur de Wade. Il était à la fois la synthèse de l’Etat et la systole du Parti. Il a dégagé, dans sa sérénité, l’allure «d’un monstre froid», froid comme l’Etat qui brillait mystérieusement sur son front. Jamais dans l’histoire récente, un homme politique au pouvoir, n’a réuni en lui bénédictions plus ferventes et anathèmes plus furieux. Il fut célébré avec dévotion par-ci et dénigré par-là avec acharnement. Les uns l’ont aimé avec emportement alors .çje les autres l’ont détesté avec frénésie. Pour ceux-ci, il a « étendu la démocratie dans le parti et enseigné aux militants leurs droits et leurs devoirs ». Pour ceux-là, « il y a jeté les bases d’une gestion nombriliste et personnalisée ».

C’est que Ousmane Tanor Dieng a toujours été un océan de mystères. Il agit plus qu’il ne parle et ses actions, comme celles de tous les leaders de parti, sont soumises aux contingences des spéculations et des interprétations. Mais, l’homme reste en tout serein. C’est ce qui fait de lui une personnalité impénétrable et à l’expression hésitante et méfiante, parfois soupçonneuse. Il ne triche pas et s’assume. Son plus grand défaut est l’entêtement, caril est prudent à prendre une décision et prompt à l’exécuter. Parfois même, il prend des décisions audacieuses qui « peuvent faire mal », dit-on. C’est dans son enfance et sa jeunesse qu’il a appris à forger sa forte personnalité. Sa mère est décédée tôt, en à Samba Dia, dans le Sine à quelqçtes lieues de FimeLa. C’était un vendredi, jr de Gamold. Le jeune Ousmane avait alos marché de Nguéniène à Samba Dia, distant de 18 km, pour rendre visite à sa mère alitée. Ce fut leur dernière rencontre durant laquelle, il avait bénéficié de la bénédiction maternelle et de viatiques. De cette épreuve, il retient encore la puissance de l’Unicité de Dieu telle qu’il l’a apprise d’ailleurs lorsqu’il était à l’école coranique de Mouhamadou Sakho, celui-là même qui l’emmènera à Joal Fadhiout où il suit les cours de l’école primaire avant de se rendre à Saint-Louis. Dans l’ancienne capitale du Sénégal, il est confié à Sanoune Wade dont le frère Oumar Wade a été l’ami de son père. Le jeune homme timide, presque taciturne, intègre un groupe de jeunes de plus de vingt personnes et se singularise par sa nature laborieuse et effacée. Plus tard, il intègre l’Ecole des Travaux Publics en 1964 où il se signale par des capacités cérébrales qui se manifestaient dans les matières cognitives comme le Français et la Philosophie. C’est d’ailleurs dans cette école que ses amis d’enfance ont noté chez lui une nature austère et très économe.

Ses dispositions et ses pré-requis en littérature et en philosophie étaient telles qu’il finit par intégrer l’Université de Dakar en 1968 avant d’accéder à [‘ENAM d’où il sort en 1974 en qualité de Conseiller des Affaires étrangères. Il fait ses armes dans la diplomatie puis atterrit à la Présidence de La République grâce au Président Senghor qui était en quête d’un homme « qui sache écrire ». Ousmane Tanor Dieng, grâce à la ténacité et à la discrétion, jouit alors d’une ascension discrète jusqu’à accéder, sous Abdou Diouf, au poste stratégique de Directeur de Cabinet du Président de la République, puis de Ministre d’Etat, Ministre des Services et Affaires Présidentiels. Comme dans une course d’alpinistes, il dépasse les vétérans et par la force des choses, devient leur chef dans le Parti où, après avoir provoqué le phénomène de la Refondation, il prône et « oeuvre à l’avènement d’un Parti socialiste nouveau dans un Sénégal nouveau grâce à la foi militante et à la solidarité des générations ».

Pour certains de ses amis d’enfance, il S’est fait seul, grâce à son éducation et à sa persévérance. D’ailleurs à propos d’amis, il n’en compte pas beaucoup. «Ses vrais amis», dit-on, sont Abdoulaye Thiam, Ibrahima Ndiaye et Pape Vama Mbaye qui, dit-on encore, le connaît mieux que quiconque. Mais connaître Ousmane Tanor Dieng n’est pas une chose aisée parce qu’il ne se livre jamais. Ses douleurs sont comme ses bonheurs : ils sont toujours silencieux. Il a une force morale inégalée. Toujours armé de silence, de patience, de persévérance et d’auto-contrôle, il demeure un homme pondéré et imperturbable, fortement doué pour la réflexion et la concentration. Il est un homme chez qui prime le sens de l’économie et de l’administration. Ce n’est pas pour sa nature ou son caractère qu’on le choisit ou le désigne. C’est plutôt pour ses compétences et son sens des responsabilités.

Peu communicatif, il est casanier et verse dans une permanente recherche de solitude combinée à un ardent désir de réussite. Il travaille souvent en solitaire ou dans des endroits éloignés pour agir « vite et bien ». Menu et taciturne, avancent certains, il se caractérise par une politesse et un raffinement que les socialistes appellent I’ exquise urbanité ». Sa nature est telle que nul ne peut Lire dans l’expression de son visage des indices de colère ou de joie.

Peu bavard parce qu’il n’aime pas trop parlé, il peut, en privé et surtout quand il a confiance, être prolixe. Sa formation de diplomate s’accommode parfaitement de sa nature et de sa personnalité. C’est sa rencontre avec Senghor qui a renforcé en lui le culte de la perfection et le sens de l’organisation et de la méthode ainsi que le goût de l’efficacité et de l’effacement. Et comme pour poursuivre l’oeuvre du Fondateur du PS, il est devenu Président du Comité Afrique de l’international socialiste dont il est le Vice-président et est membre du Gouvernement mondial chargé des questions d’éthique, de lutte contre la pauvreté, du développement durable et des droits de l’homme.

La Foi en bandoulière

Mame Birane Dieng, le père de Ousmane était un saint-homme. Il est enterré d’ailleurs dans la concession familiale après son extinction dans les années 90. Dans la concession, se tient une école coranique gratuite et entretenue aux frais de ‘Ousmane Tanor Dieng lui-même. Fervent dans la pratique religieuse, l’actuel Premier secrétaire du Parti socialiste vit ainsi sa foi de la même manière qu’il vit chaque instant de son existence dans la discrétion. « La foi est un ferment. Elle permet de distinguer le réel de tout ce qui est irréel. Elle me renforce et me solidifie. L’homme est maître de sa destinée par l’action. Mais, Dieu seul est le maître du destin », dit-il. Hier enfermé dans le corset de I’Etat, il ne recevait la réalité de la vie quotidienne que tamisée et schématisée.

Aujourd’hui, grâce à l’Alternance, il découvre la réalité, réalise le bilan de son parti, ses manquements, ses forces, ses insuffisances et son poids.

La défaite de 2000 en a servi de catalyseur. Les mastodontes et les « papi » du Parti lui ont d’ailleurs reproché cette défaite. Mais, il trouve dans ces accusations et dans les agissements de certains quelque chose qui ressemble à de la lâcheté car, on lui «reproche une responsabilité collective» et on lui « conteste un leadership après qu’il a réussi à sauver le navire socialiste ». Il a refusé de démissionner en 2000 parce qu’il n’accepte pas « d’être un capitaine qui abandonne la barque quand elle échoue ». Mais, dans l’épreuve de la défaite, il est resté plus serein que jamais. Pire, ceux qui animaient la « Tanoramania » sont ceux-là mêmes qui l’ont trahi les premiers. « On est en démocratie », disait-il à ceux qui se lamentaient. « C’est la volonté divine. Dieu a voulu qu’on perde », ajoutait-il. C’est que Ousmane Tanor Dieng considère parfois la vie humaine comme une sorte de théophanie où seule la Foi permet un reflux vers l’avenir.

On s’est attendu à un déballage pour solder des comptes. Mais, Ousmane Tanor Dieng est plutôt un homme secret. Il accepte tout chez un homme d’Etat sauf qu’il s’épanche sur les affaires de l’Etat. il est d’une absolue discrétion, même dans ses rapport 50 cia IPx. Il rencontre même ses frères et soeurs séparément sans que personne ne sache ce qu’il dit à l’autre et ce que celui-là lui dit. S’il est discret en tout, ce n’est pas seulement en raison des stations qu’il a occupées et de l’éthique qui constitue le substrat de sa personnalité politique. C’est que son père Marne Birane Dieng lui avait confié trois choses « Ne jamais déballer, ne jamais trahir et ne jamais décevoir ». De celui-ci, il a retenu aussi une leçon de générosité « rendre service dans l’absolue discrétion et s’il faut offrir, donner quelque chose d’utile ».

Il a ainsi pris ces recommandations comme un rythme vital qu’animent ses pulsions en l’accommodant de vertus paysannes faites de foi et d’honneur. Ces vertus paysannes l’ont d’ailleurs habité dès sa jeunesse, car il lui arrivait d’anticiper les vacances pour aider son père dans les travaux champêtres surtout qu’à cette époque, à un certain moment, Nguéniène devenait inaccessible à cause de l’hivernage. Il en deviendra d’ailleurs l’enfant prodigue qui y construira une route, une école et un centre de Santé entre autres.

Aujourd’hui, l’opposition a forgé en lui une autre personnalité. On le voit, comme sur les traces de Senghor, dormir dans une case, pousser un véhicule en panne, manger du couscous salé ou s’asseoir sur une natte de fortune au milieu d’une foule. A Louga, en 2005, on le voit faire le gendarme pour frayer un passage aux membres du Bureau politique et sous un arbre, en brousse, avec des camarades, on l’entend faire une blague hilarante ou raconter une anecdote humoristique. A Touba, dans la maison d’un fils du Khalife de Serigne Fallou, on le voit également se lever calmement et se mettre dans un coin du salon pour prier.

Cette foi est aussi manifeste dans l’habillement. Il aime paraître beau, par principe.

D’ailleurs, lorsqu’il était étudiant, il s’habillait sur mesure ou achetait des prêts-à-porter. « Il n’a jamais aimé la friperie », confesse un de ses amis avec qui il s’habillait au magasin Gigolo à La rue Vincent, devenu le Cassiby sis à l’Avenue William Ponty. Il s’imposait ainsi en un séducteur qui ne veut pas séduire malgré son allure seigneuriale de gentleman. Doté d’un sens élevé de la famille, il a une haute idée de l’Homme et de la dignité. il n’a pas peur des challenges. Peut-être que c’est ce qui explique que son premier meeting en tant Premier secrétaire du PS s’est tenu à Thilmakha, terre-témoin de combats historiques et épiques où il a été transporté par la Mercedes personnelle de Feue Sokhna Maï Mbacké, mère de son amie Sokhna BaIy. Peut-être aussi que c’est cette bénédiction qui explique que les femmes «votent» pour lui, d’après un récent sondage.

TAMSIR NDIAYE JUPÎTER - NOUVEL HORIZON

 
< Précédent
Joomla Templates by Joomlashack