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2009 : LE SENEGAL D'AUJOURD'HUI : ENTRE HORREUR ECONOMIQUE ET DEPERISSEMENT MORAL Convertir en PDF Version imprimable Votre email
07-01-2010

ImageL’année 2009 au Sénégal aura été celle de toutes les régressions, un pays dramatiquement placé sous les fourches caudines d’un pouvoir ivre, autiste, irrationnel, n’écoutant que l’écho de ses propres paroles

En effet, notre pays s’enfonce d’avantage dans la pauvreté, la précarité et l’absence de toute perspective de sortie de crise. L’impunité s’incruste et la grande corruption fait une entrée fracassante dans les plus hautes sphères du pouvoir. L’insécurité en Casamance, dans les villes et campagnes charrie, meurtres viols et agressions en tous genres. Sur fond de régression économique.

Pour la première fois le taux de croissance est inférieur à celui de l’accroissement démographique. C’est là un signe de récession économique. Cette situation se répercute à plusieurs niveaux et touche les secteurs vitaux. Les phosphates, jadis fleuron de notre économie peine à se relever d’une mauvaise gestion chronique qui a obligé l’Etat à recourir à un partenaire stratégique plus préoccupé à défendre ses propres intérêts qu’à développer l’entreprise. La pêche et le tourisme, gros pourvoyeurs de  devises, ne se portent pas mieux .La raréfaction des produits halieutiques pousse nos braves pêcheurs vers les eaux territoriales des pays voisins où ils subissent des tracasseries pouvant aller jusqu’à l’arraisonnement de leurs armements. Le tourisme souffre d’un manque de diversification intelligente et d’une promotion efficace. Il subit la forte concurrence des pays méditerranéens qui proposent le même produit balnéaire, à moindre coût, pour des destinations beaucoup plus accessibles. L’absence d’un transport aérien de qualité, à cause de faillite de la compagnie aérienne nationale assurant les vols intérieurs et de proximité, a durablement perturbé un secteur qui souffre énormément de la baisse du taux d’occupation de nos réceptifs vieillissants.

L’agriculture, dominée par la spéculation sur l’arachide, est tributaire d’une campagne de commercialisation mal conduite et dotée de ressources insuffisantes pour l’achat de récoltes, obligeant les paysans à écouler leurs graines dans les marchés parallèles voire vers les pays limitrophes. Il n’existe aucune politique fiable pour  assurer la commercialisation des produits locaux ; c’est notamment le cas pour le riz, les tomates et les fruits et légumes. La paupérisation des populations, due à une dégradation continue du pouvoir d’achat des travailleurs et autres acteurs économiques notamment les ménages qui souffrent d’une diminution drastique des envois  des émigrés,  a été le facteur le plus notable de l’année 2009.

Le Gouvernement, comme d’habitude, cherche à se défausser sur la conjoncture internationale pour masquer ses errements et l’absence de politiques susceptibles d’enrayer cette spirale de la pauvreté qui, aujourd’hui, englobe les classes moyennes jadis épargnées. Devant ces difficultés, l’on comprend difficilement l’entêtement du régime wadien à maintenir un train de vie dispendieux, dont l’arrogance frise l’irresponsabilité.

Le secteur social subit une régression sans précédent. La protection sociale dans le secteur formel reste précaire. Les entreprises peinent à  s’acquitter de leurs cotisations sociales, exposant dangereusement leurs employés.

La santé  est un grand malade. Jamais depuis l’indépendance, notre pays n’avait connu pareille pagaille dans un secteur aussi stratégique. Le Sénégal, qui disposait du meilleur plateau technique avec des hôpitaux de haute performance adossées à une faculté de médecine et de pharmacie de renommée est largement dépassé par les pays de l’Afrique du Nord qui deviennent les lieux privilégiés d’évacuation sanitaire.

L’école sénégalaise a perdu ses lettres de noblesse. Le recul de la qualité de l’enseignement est perceptible à tous les niveaux. Des écoles surpeuplées, certains enseignants insuffisamment formés, des collèges et lycées mal équipés, des universités et écoles nationales supérieures produisant des diplômés sans grande perspective d’insertion sont les caractéristiques d’une éducation, qui malgré tout reste le secteur le plus pourvu en moyens par le budget de l’Etat, d’une part et les appuis de partenaires extérieurs, d’autre part.

Le sport, qui faisait notre fierté est également rentré dans les rangs. Il y a un net recul dans les performances de notre élite sportive. L’éclatante victoire des Lionnes du basket en Coupe d’Afrique des Nations ne saurait nous faire oublier l’élimination des équipes nationales de football pour la CAN d’Angola d’une part, et la Coupe du Monde  d’Afrique du Sud, la première organisée en Afrique, d’autre part. Tous les sports individuels, la lutte et l’athlétisme ont enregistré de piètres résultats en 2009.

La régression démocratique s’accentue, engendrant concomitamment de nouvelles formes d’agressions morales et d’intolérance. Cette intolérance a eu ses prolongements dans un secteur jusqu’ici  épargné : la religion, le Président de la République qui manifeste de manière ostentatoire son appartenance religieuse et confrérique devient l’acteur principal de la destruction de la concorde nationale,  en portant un coup de canif à un dogme au crédo de l’Eglise Catholique entraînant une réaction juste, ferme et légitime des autorités religieuses de la chrétienté. Tout cela pour défendre son Monument de la Renaissance.

Mais, ce que je retiendrai le plus de 2009, c’est l’aggravation de la corruption et de la gabegie orchestrées par le pouvoir libéralo affairiste de WADE. Les « Contes et Mécomptes de l’ANOCI » du fils du Chef de l’Etat Karim WADE et son acolyte Abdoulaye BALDE, caractérisés par des marchés surfacturés, des détournements avérés, un gaspillage sans retenue ont plongé tous les patriotes de notre pays dans une grande colère.

L’affaire SEGURA reste incontestablement le point d’orgue de la mal gouvernance de notre pays. Pour la première fois de notre histoire, le Président de la République est pris en flagrant délit de corruption en l’endroit d’un fonctionnaire étranger en fin de mission au Sénégal. Notre pays aura été la risée du monde et, cet acte sans nom, confirme le classement peu honorable que nous occupons dans le gotha des pays les plus corrompus du monde.

La régression n’épargne pas notre diplomatie. La voix du Sénégal ne compte plus. La diplomatie sénégalaise, du fait des errements du Président WADE a perdu tout son crédit. C’est triste et dommageable pour la sauvegarde de nos intérêts vitaux et stratégiques. .

L’éclatante victoire de l’opposition aux élections locales de mars 2009 aura été la seule note positive de cette année. Combattre le régime de Wade, pour changer les choses devient un impératif national.

Le Parti Socialiste, dans le cadre du BENNOO y travaille méthodiquement, résolument.

Ousmane Tanor Dieng

Dernière mise à jour : ( 08-02-2010 )
 
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